Contribution sur les retraites
Par Gilles G. le mercredi 23 juin 2010, 05:35 - Politique locale
Après plusieurs réunions de la section du MoDem Boulogne-Billancourt, la majorité des adhérents de la section suggère que le Modem propose cinq axes forts de réforme.
1 – Pour être crédible sur les
retraites, il faut être capable de combattre la dette publique.
Le déficit public 2010, sera de l'ordre de 150 milliards, soit 5 à
10 fois plus que le seul déficit des retraites. C'est la première
urgence en matière de gestion des équilibres financiers. La dette
publique cumulée atteindra en 2010, 1600 milliards (c'est à dire que la
seule dépense annuelle des intérêts (sans aucun
remboursement !) représente environ 40 milliards, plus que le déficit
annuel actuel des retraites) ; les gouvernements précédents ont été
inconséquents, notamment en adoptant des mesures fiscales clientélistes.
Il faut maintenant, en période de crise, stopper l'accroissement de la
dette publique. Cette dernière est déjà énorme et il faut éviter que la
dette des régimes la retraite, dont la croissance à régimes inchangés
est inéluctable, vienne ajouter un nouveau fardeau qui serait, de
surcroît, concentré sur les seuls actifs.
Action proposée : conditionner le soutien du Modem à la réforme des retraites à une réorientation ferme de la politique fiscale, avec notamment la suppression des dégrèvements et niches fiscales et une taxation accrue des revenus du capital.
2 - Parler retraite, c'est d'abord parler emploi.
Sauver la retraite par répartition, c'est aussi ne pas rester sans réaction face à la mondialisation des systèmes de production et de distribution. C'est valoriser les atouts de nos sociétés développées, ceux capables de faire face aux modes de production de masse à faibles coûts salariaux. C'est soutenir l'entrepreneur pour qu'il développe la formation, la recherche et développement et valorise les filières
performantes, y compris dans l'industrie.
Parler retraite c'est considérer que les hommes, leur savoir-faire et leur capacité d'innovation sont la valeur première du pays et de ses entreprises.
Actions proposées : intégrer dans tous les cursus des cadres une formation à l'évaluation des coûts et risques réels d'externalisation (Risques de délégation de
responsabilité (délai, protection sociale et environnementale mal
assumée...), coûts d'encadrement, de
surveillance, de pré-réception des livrables, de modifications en cours
de contrat, coût du maintien d'une
capacité à organiser la concurrence entre sous-traitants...) ; faire apparaître les coûts induits pour la collectivité des mesures d'optimisation dans l'entreprise (coût du régime d'assurance chômage pour les licenciements conventionnels, perte de savoir-faire...).
3 - Parler retraite, c'est aussi changer notre rapport au travail et à la carrière
Avec l'allongement de la durée de vie, il est logique de travailler plus longtemps. Il est aussi nécessaire de repenser les carrières en admettant le temps partiel pendant certaines périodes de vie, au choix du salarié et sans que ce dernier soit déconsidéré, notamment en cas de problème de santé, pour élever ses enfants, pour suivre une formation, pour assurer un engagement associatif... En acceptant que les salaires, des cadres notamment, ne puissent plus augmenter indéfiniment à l'ancienneté (cette réalité de bien des
carrières du secteur privé va devoir être prise en compte.). Actions proposées : encourager la reconversion des salariés de plus de 50 ans et permettre un cumul "emploi à temps partiel/retraite" au-delà de 60 ans. 4 - Parler retraite, c'est faire comprendre que le système par répartition est une mutuelle*
Le système de la retraite par points facilite l'alternance travail/formation, facteur de plein emploi, en sortant de la rigidité du rythme actuel « formation/travail/retraite ».
Parler retraite, c'est encourager les nouvelles formes de travail et éviter la retraite "couperet", c'est donc réfléchir à terme à un système plus souple qui n'est pas seulement lié au nombre d'années de travail, et qui couvre équitablement tous les statuts d'activité.
Obtenir des entreprises qu'elles prennent en charge la formation permanente et la reconversion de leurs salariés, notamment dans la seconde moitié de leur carrière.
Parler des "cotisations acquises dont on va bénéficier", c'est nier le principe du système par répartition où l'argent collecté sert à payer les retraites actuelles. Refuser d'examiner la date de la retraite à 60 ans, c'est refuser le principe mutualiste qui rend solidaires actifs et retraités.
Il faut anticiper l'augmentation du nombre de retraités en prenant conscience de la nécessité d'allonger dès maintenant la durée de travail par rapport à celle d'inactivité. Faire comprendre les réalités démographiques est une nécessité. Ceci est particulièrement vrai pour la retraite de la fonction publique et pour la retraite des régimes spéciaux qui reposent en grande partie sur la solidarité nationale, faute d'anticipation par les précédents gouvernements.
Informer de façon claire et simple les citoyens du mécanisme de la retraite par répartition et sur les enjeux démographiques.
Actions proposées : reconnaître aux salariés qui ont exercé des professions difficiles la possibilité de prendre leur retraite plus tôt et pénaliser les entreprises qui n'améliorent pas les conditions de travail (augmentation des cotisations à leur charge).
Ne pas laisser de coté la question des retraites de la fonction publique et des statuts d'activité non salariés (libéraux, agriculteurs, commerçants, entrepreneurs, rentiers ...), car la solidarité mutualiste concerne tous les citoyens.
5 - Parler retraite, c'est protéger les jeunes actifs et les femmes
Dans leur immense majorité, les retraités considèrent le maintien de leur niveau de vie actuel comme un dû non négociable, pourtant le revenu médian des plus de 65 ans est supérieur au revenu médian des actifs de moins de 55 ans.
Or, comme les retraités et leurs suivants, quinquagénaires actifs, sont largement surreprésentés dans le monde politique, l’économie et les médias : peu de leaders auront le courage de dire la vérité aux tempes grises, qui participent plus que les autres à chaque scrutin.
En ce qui concerne les femmes, les discontinuités de carrière, l'accroissement du nombre de familles monoparentales, la faiblesse relative de leurs rémunérations par rapport aux hommes sont des facteurs extrêmement pénalisants. C'est la triple peine pour une majorité de femmes : petite rémunération, parcours professionnel haché par les maternités et plus sensible au chômage et pension de réversion rognée par les divorces.
Protéger les moins de 50 ans qui ont subi de plein fouet les crises économiques successives et devront supporter la retraite des classes d'âge du papy-boom (depuis 2005).
Actions proposées : porter le taux de CSG des retraités dont les revenus dépassent le revenu médian (actuellement 1600 € par mois) au niveau du taux des prélèvement des actifs.
Aménager la décote pour les femmes en tenant compte de leurs charges de famille.
Engager une réflexion sur le travail d'utilité publique des seniors car la solidarité intergénérationnelle est à double sens. Les jeunes retraités peuvent aussi apporter beaucoup à la société.
Dans le cas d'une assurance, un organisme doit pouvoir couvrir les engagements qu'il prend. Il faut donc en assurer la solvabilité, Dans le cas de mutuelles, l'ensemble des adhérents est responsable de l'équilibre et peut même se voir demander des compléments de cotisation pour couverture d'engagements passés.