Après Copenhague : l’urgence politique, l’urgence à se mobiliser
Par Bernard Léon le lundi 28 décembre 2009, 01:24 - Politique nationale et européenne
Je viens d’assister à un compte-rendu des plus intéressants sur le sommet climatique, organisé par l’Association 4D, en coopération avec Réseau Action Climat, Coordination Sud et le CRID, tous présents à Copenhague. J’ai lu la presse également qui en a beaucoup parlé.
À lire tous les commentaires, à entendre tous les témoignages, sur ce sommet, il y a un mot autour duquel on semble tourner, un mot qu’on semble ne pas prononcer, ou qu’on ne prononce qu’à mi-voix, c’est le mot de Politique.
Et pourtant tous nous le disent ; ce sont les États qui à Copenhague ont pris la main lors de ce sommet de l’ONU sur le climat, aux dépens des négociateurs, des ONG, des mouvements sociaux. Et la conséquence de cette prise en main par les États a été un rabaissement immédiat de la gouvernance démocratique qui aurait dû prévaloir en cet instant des plus importants pour le devenir de la planète. Les ONG ont été quasiment interdites aux débats du Sommet, les mouvements sociaux ont été réprimés par la police et leurs voix n’ont pu se faire entendre des dirigeants de la planète.

Seuls ont compté à ce sommet les égoïsmes que portaient les chefs d’état. Mais ces égoïsmes qu’étaient-ils ? Ceux des citoyens ? Non. Car les citoyens ont définitivement compris que les enjeux climatiques étaient ceux de la solidarité intergénérationnelle, ceux des solidarités nationales et internationales, ceux de la pérennité d’une planète viable.
Ces égoïsmes étaient ceux des enjeux économiques, mais pas ceux des égoïsmes économiques des citoyens, non, ceux des égoïsmes des entreprises; ceux de toutes les entreprises ? Non, ceux des entreprises financières ou industrielles qui, depuis 40 ans, ont érigé leur responsabilité en dogme, leur âpreté en système, leur mépris de l’homme en règle de gouvernance; pillant les ressources de la planète, polluant notre atmosphère, les sols et les eaux, organisant sans scrupule les fuites fiscales dont la conséquence était d’appauvrir les budgets des Régions et des États, allant, sous prétexte de mondialisation, exploiter ailleurs les populations qu’ils ne pouvaient plus exploiter là où elles étaient nées et avaient prospéré.
Oui, les égoïsmes qu’ont défendu les puissants de la planète à Copenhague n’ont été que ceux d’autres puissances, celles des entreprises organisées en lobbying, celles de l’énergie aux États-Unis, de la chimie partout, des mines en Afrique, etc...
Alors, une question se pose après Copenhague : qu’allons-nous faire ? Allons-nous laisser faire? Allons-nous laisser ces États être les complices d’un drame qui ne couve même plus, d’un drame qui est là, à notre porte, mais dont certains déjà subissent de plein fouet les conséquences: des populations affamées ?
un changement du Politique, un changement de politique, la fin du populisme industriel dont parle le philosophe Bernard Stiegler, la fin des populismes politiques, qui nous mènent tout droit à la multiplication des contrôles sociaux et à la fin de nos démocraties ?
Il est temps que nous devenions en quelque sorte rebelles. Rebelles aux formes de société que nous nous sommes laissés imposer, rebelles au système économique issu du dernier quart de siècle dernier et qui nous a mené à la faillite, rebelles à des modes de fonctionnement politiques qui ne sont que de l’électoralisme, mettant à mal la société qui, paradoxalement, s’attache à ce qui la détruit, vote pour celui qui la trompe; rebelles à ces politiques qui ne sont jamais ce qu’elles devraient être, gouvernement de soi et des autres.
Et c’est pourquoi il y a urgence à s’engager, à entrer en politique, à investir le Politique, pour le changer, pour l’obliger à être responsable, pour l’obliger à prendre soin. À prendre soin des maux de notre monde, à prendre soin des plaies causées par les crises multiples qui mutilent une part du corps social.
C’est pourquoi nous vous demandons de nous rejoindre au Modem, de nous rejoindre non pas pour venir y épouser des solutions toutes faites, mais au contraire, pour venir les construire, enrichir ce qui a déjà été discuté, proposer ce qui manque encore.
Bientôt les élections régionales vont nous mobiliser. Elles vont être particulièrement importantes, car la politique que nous souhaitons doit se faire au plus près des citoyens, au plus près des populations, au plus près des problèmes à résoudre, au plus près de vous.
Celui qui va mener pour le Modem la liste en Ile-de-France vient d’être désigné par les adhérents. Il s’appelle Alain Dolium. Il est chef d’entreprise, vit dans le Val-de-Marne, est d’origine antillaise, a vécu une grande partie de sa jeunesse à Malakoff, milite pour le tissu associatif et au Modem, mouvement dont il affirme, à juste titre, qu’il est la meilleure des synthèses pour rouvrir l’espace politique et proposer un nouveau projet de société.
Soyez les acteurs de votre avenir et les acteurs de celui de vos enfants. Prenez un peu de votre temps pour œuvrer à la construction du monde et de la région que vous souhaitez leur laisser.
Nous attendons de vous accueillir. Nous ne serons jamais trop à travailler ensemble pour porter les choix de notre société.