A ce propos, François Bayrou s'est exprimé ce lundi (AFP), en estimant que les séquestrations de dirigeants d'entreprises étaient des actes
"regrettables" mais pour l'instant "sans gravité", illustrant la "colère" qui prévalait dans le climat social actuel.

"Il ne faut pas mélanger les vraies violences avec des moments detension qui sont regrettables, sans doute, mais qui n'ont pas de caractère, pour l'instant, de gravité".

"Pour l'essentiel il y a peu de violences dans l'entreprise. J'ai moi-même entendu les personnalités en question qui ont dû passer une nuit dans l'entreprise, dire que ce n'était pas grave, que c'était moins grave que ce qui arrivait aux salariés".

"Toute violence doit être condamnée et de ce point de vue là, je ne fais pas d'entre-deux, il faut mesurer ce que cela révèle du climat social dans notre pays, d'inquiétude, de colère, souvent de sentiment d'injustice. Et c'est de cela qu'il faut réellement prendre la mesure".

A la suite de l'intervention de F. Bayrou, M. Lefebvre déclare à l’AFP : "L'UMP sort un carton rouge aux responsables politiques du Parti socialiste, du MoDem, qui, à force de courir derrière M. Besancenot, qui n'est autre que la vitrine légale des casseurs, sont en train d'inciter matin, midi et soir à la violence dans notre pays".

"On ne peut pas excuser l'inexcusable comme ils le font chaque jour", a-t-il ajouté. Il a accusé le PS et François Bayrou "d'essayer de faire passer Nicolas Sarkozy comme un anti-Républicain".

"Quand on a une crise de cette ampleur dans notre pays, on travaille à l'unité nationale, on ne travaille pas à la division nationale. Aujourd'hui pour des raisons de pure politique politicienne, Mme Aubry, M. Bayrou, Mme Royal passent leurs journées à essayer de surfer sur les angoisses des Français pour essayer de se refaire une santé", a poursuivi le porte-parole de l'UMP.

Des propos affligeants de notre député, qui assimile, avec un grand sens de la nuance, le leader centriste avec O. Besancenot tout en s’arrogeant avec modestie le rôle d'arbitre du débat politique français en attribuant un ‘carton rouge’ aux rebelles qui se permettent de ne pas penser comme à l'UMP.

 

Ce député, non élu, n’en est pas à son coup d’essai. Lui qui ne doit son mandat qu’à la nomination ministérielle de M. Santini. Votez Santini, vous récupérerez Lefebvre, pauvres électeurs...

Son parcours politique tient donc davantage à ses qualités de lobbyiste qu'à un véritable engagement politique auprès des citoyens. Comment pourrait-il les rencontrer, lui qui passe son temps dans les médias à justifier l'indigeste politique gouvernementale? Sa mission: le dénigrement systématique de tous les leaders politiques qui osent (encore) critiquer la sublime œuvre présidentielle.

Nous pouvons également revenir sur la nomination de M. Pérol à la tête de la Caisse d'Epargne-Banque Populaire, F. Bayrou dénonce le fait du prince et le mensonge qui consiste à se légitimer par avis d'une commission de déontologie qui ne s'est pas réunie. Aussitôt, le tonton flingueur élyséen sort son (second) couteau et abreuve les médias de son indignation. Ne reculant devant aucun excès, il va jusqu’à exiger que l'on fasse des excuses pour de telles affirmations, dignes selon lui d'un ‘procureur stalinien’.

Cela est bien connu, lorsque la cause est désespérée, la meilleure des défenses est assurément l'attaque.

Brandir un carton rouge tel un arbitre ? Monsieur Lefebvre, peut-on être à la fois juge et parti ?

J. Korchia, F. Bouyer